Puis-je enseigner les sophismes aux jeunes ?
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Oui, mais pas de la manière scolaire traditionnelle.
Pas de la manière où l'on divise les sophismes en catégories « formelles » et « informelles ». Pas de la manière où l'on mémorise des noms latins et où l'on dessine des diagrammes pour cartographier leur structure. Blah, blah, blah. Personne ne veut de ça.
Et pourtant, chaque fois que l'on cherche des sophismes en ligne ou que l'on prend un livre sur les sophismes – même les versions adaptées aux enfants – cela donne envie d'appuyer sur le bouton de répétition avant d'avoir terminé la première page.
Ce n'est pas comme ça que nous abordons les sophismes.
Nous les abordons de la manière dont ils sont censés être enseignés. À travers des exemples réels qui sont drôles, pertinents et impossibles à oublier. Au moment où un jeune voit un sophisme se dérouler dans un scénario qu'il reconnaît – quelque chose qui s'est passé à l'école, à la maison, sur son téléphone – cela cesse d'être un concept pour devenir une chose qu'il peut réellement utiliser.

Prenez le sophisme de l'anecdote. L'inquiétude de Bruno concernant l'ami de son ami qui fume est balayée par l'anecdote classique : « Mon grand-père [insérer n'importe qui ici] a fait [insérer activité ici] et il/elle va bien ! »
Votre enfant ne comprendra peut-être pas complètement le fonctionnement de ces sophismes sur le plan intellectuel tout de suite. Cela viendra plus tard. Mais il apprendra à les reconnaître. Et la reconnaissance est tout.
Il dira « Ça me semble familier » ou « J'ai déjà vu ça quelque part » et c'est là que ses sens d'araignée s'activent. Ce moment de reconnaissance – cette légère pause avant d'accepter un argument au pied de la lettre – est tout l'intérêt. C'est ce qui le protège.
Parce que voici l'inconfortable vérité.
Si nous attendons que les jeunes soient assez âgés pour comprendre les sophismes sur un plan académique, nous les avons déjà laissés sans défense pendant les années les plus vulnérables de leur vie. La pression des pairs. La publicité. La manipulation des médias sociaux. Les mauvais arguments avancés par des personnes qui devraient savoir mieux. Tout cela frappe le plus fort entre dix et seize ans – exactement les années où on ne nous apprend pas à remettre quoi que ce soit en question.

Familiarisé avec le fonctionnement des sophismes, un jeune hésite. Il questionne. Il résiste.
Non familiarisé avec eux, il se fait duper, tromper ou entraîner sur des chemins qu'il aurait pu éviter entièrement.
C'est pourquoi nous commençons tôt.
Et c'est pourquoi nous le rendons amusant.
Consultez notre article « À quel âge est-il approprié de commencer à enseigner les sophismes logiques ? » pour un examen plus approfondi des recherches qui sous-tendent cette approche.
Découvrez notre jeu Quel est le sophisme pour les aider à s'entraîner à les reconnaître à table.